Symptôme d’une société qui souffre davantage, d’une dégradation progressive des relations post-Covid entre employeurs et salariés ou d’une plus grande libération de la parole, liée de près ou de loin au mouvement #metoo, un nombre croissant de salariés se plaignent de situations de harcèlement, sous toutes leurs formes, au sein de leur entreprise.

Selon une récente étude, un salarié sur 3 affirme avoir déjà été victime de harcèlement au travail, c’est-à-dire avoir subi, à divers degrés, des critiques, des menaces ou des intimidations insistantes et répétées.

Ces comportements dégradent évidemment les conditions de travail et rendent progressivement l’environnement toxique.

Ainsi, 52% des femmes ont déclaré avoir été victimes de harcèlement sexuel sur leur lieu de travail, soit en raison de propos à connotation sexuelle, de remarques sexistes, voire de chantage sexuel : 18% de ces cas sont perpétrés par un membre de la direction et 40% relèvent du comportement d’un collègue, soulignant ainsi la complexité et l’enracinement du problème, quelles que soient les strates hiérarchiques concernées.

Par ailleurs, 2 cas de dépressions sur 10 sont liés au stress professionnel souvent consécutif à des faits de harcèlement et 33% des victimes soulignent un sérieux impact sur des formes d’altération de leur santé psychique ou physique.

28% des victimes de harcèlement déplorent aussi les conséquences de ces pressions inadmissibles sur leur évolution de carrière, d’autant plus si elles dénoncent ces comportements qui les concernent directement ou si elles font état de ces faits en qualité de témoins.

Devant l’ampleur du phénomène, dans chaque entreprise, il revient aux représentants du personnel et aux délégués syndicaux de porter ces sujets auprès des services de ressources humaines, avec l’objectif :

  • d’informer les salariés victimes de harcèlement des moyens mis à disposition pour recevoir leurs plaintes,
  • de protéger les témoins,
  • de renforcer la formation des managers,
  • de proposer un soutien psychologique,
  • d’ouvrir une enquête, soit en interne, soit avec l’appui d’un cabinet d’expertise extérieur, pour faire la lumière sur la réalité des faits..

Il convient aussi de rappeler qu’un récent arrêt de la Cour de cassation, datant du 21 janvier 2025, vient renforcer la protection des salariés, en sanctionnant le harcèlement moral institutionnel, qui peut résulter de politiques d’entreprise délibérées, visant à dégrader les conditions de travail et affectant collectivement les salariés, en se basant sur l’article 222-33-2 du Code pénal.

Nous vous proposerons bientôt un dossier complet sur ce sujet.

Il est recommandé de travailler, s’il n’en existe pas, avec les ressources humaines sur un accord contre les actes de harcèlement et de violence au travail, afin d’apaiser les relations de travail entre collègues au sein de l’entreprise.

Là encore, nous mettrons prochainement en ligne un accord-cadre à votre disposition pour vous aider dans vos négociations.