Enfin adopté !

Il aura fallu attendre le tout début de ce mois de février 2026 pour parvenir à l’adoption définitive du budget 2026.

Quatre mois de débats, parfois enflammés, d’un débat ralenti par les députés pour aboutir, en fin de compte, à un passage en force par l’article 49.3 de la Constitution, c’est-à-dire sans vote, mais avec la prise en compte d’un certain nombre d’amendements adoptés à l’Assemblée, préalablement présentés et défendus par les groupes parlementaires, toutes tendances confondues.

Les motions de censure déposées par les oppositions n’ayant pas recueilli de majorité, le texte global est désormais sur le bureau du Conseil constitutionnel, pour validation définitive.

Sans doute est-ce bien la première fois, sous la Vème république, que les députés auront vraiment joué leur rôle, non pas celui d’une chambre d’enregistrement des propositions gouvernementales, mais celui d’une confrontation d’idées, de propositions, d’arguments, d’un vrai débat, comme cela se passe habituellement dans toutes les grandes démocraties occidentales. En soi, malgré l’impression brouillonne laissée par plusieurs mois marqués par des motions de censure dont certaines ont, rappelons-le, fait chuter deux gouvernements successifs, la démocratie y aura au moins gagné quelques points …

Sur le fond, les débats se seront surtout concentrés sur la maîtrise relative des déficits publics, dont chacun sait – et a finalement admis qu’ils contribuent à creuser une dette déjà pléthorique, qui frôle les 120% du PIB et qui croît mécaniquement sans véritable maîtrise. La relative réduction du déficit, contenue autour de 5% pour 2026, n’aura finalement été rendue possible que par un accroissement de la pression fiscale visant plus particulièrement les entreprises, avec, par exemple, la reconduction de la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes d’entre elles ou l’abandon, promis en 2025, de l’allègement de la cotisation sur la valeur ajoutée.

Pour le reste, il ne faut pas attendre de ce budget le financement de grands projets, à part dans le secteur militaire, dont il convient cependant de rappeler qu’il fait travailler le secteur industriel français, comme ceux de la recherche et du développement. Il y a davantage à craindre la remise en cause de certains avantages sociaux et la poursuite du transfert d’une partie des dépenses de santé supportées par la Sécurité sociale vers les mutuelles, comme, plus globalement, d’un relatif désengagement de l’Etat sur un certain nombre d’aides ou de la mise sur pause de projets d’investissements pour l’avenir.

La situation a peu de chances de s’améliorer, en raison de plusieurs facteurs : une dégradation de l’activité générale, une crise internationale toujours vive et incertaine, une croissance très faible et la perspective, au deuxième semestre de cette année, d’une nouvelle salve d’économies sur le dernier projet de budget de la mandature pour 2027, à quelques mois seulement de la présidentielle, alors que 40 milliards d’économies nouvelles sont envisagées, ce qui donnera sans aucun doute lieu à de vives oppositions sur fond de campagne électorale.